FRBNFM-141 Jules Lutz et le frère de sa belle-fille, Roger-Frédéric Marchal, item 12

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page left

- 10 -

Sans date.

Mes chers parents,

La vie se continue ici, monotone et triste :
l'aspect désolé des foyers abandonnés fait
sentir, plus que jamais, les tristes moments
que nous passons.
Il y a comme un nuage qui pèse sur le
cœur de chacun; les visages ont trouvé une
sérénité quasi religieuse.
Les rires n’ont pas cessé, mais pour certains

ils ont l’air de finir en un sanglot.
Je ne sais rien de neuf.
Mon cœur passe mut le temps chez vous
et c'est mon seul tourment. Maintenant,
maman sera à l‘abri, et je souhaite que papa
fasse de même.
Je vous embrasse comme je vous aime.

Votre Rol.

-----
right page

- 11 -

Mon cher papa,

Je reçois Des bonnes lettres, j’en suis très
heureux, c'est pour moi quelques instants
passés dans la famille et, si courts soient-ils,
cela met du baume nu cœur.
Je crois qu’il serait préférable que tu
quittes Épinal : les duretés d’un siège... et
puis maman et Ninette seraient moins isolées.
Le pauvre Fernand devait être bien désolé
de laisser Thérèse seule. C‘est si triste de
voir parmi toute notre jeunesse des réservistes

de quarante-quatre ans, ils parlent de
leurs petits, et malgré le sentiment du devoir
que I'on a, il vous vient je ne sais quel amer
dégoût envers la société.
On entend beaucoup d'histoires, je ne sais
que croire.....
J‘espère du moins que nous ne nous
sommes pas engagés à la légère et que le
sacrifice de tant de vies humaines servira à
notre cher pays.
Puissions-nous après ces temps troublés
voir naître une époque féconde en progrès
moraux.
Travaille-t-on dans notre maison, j‘aurais

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- 10 -

Sans date.

Mes chers parents,

La vie se continue ici, monotone et triste :
l'aspect désolé des foyers abandonnés fait
sentir, plus que jamais, les tristes moments
que nous passons.
Il y a comme un nuage qui pèse sur le
cœur de chacun; les visages ont trouvé une
sérénité quasi religieuse.
Les rires n’ont pas cessé, mais pour certains

ils ont l’air de finir en un sanglot.
Je ne sais rien de neuf.
Mon cœur passe mut le temps chez vous
et c'est mon seul tourment. Maintenant,
maman sera à l‘abri, et je souhaite que papa
fasse de même.
Je vous embrasse comme je vous aime.

Votre Rol.

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Mon cher papa,

Je reçois Des bonnes lettres, j’en suis très
heureux, c'est pour moi quelques instants
passés dans la famille et, si courts soient-ils,
cela met du baume nu cœur.
Je crois qu’il serait préférable que tu
quittes Épinal : les duretés d’un siège... et
puis maman et Ninette seraient moins isolées.
Le pauvre Fernand devait être bien désolé
de laisser Thérèse seule. C‘est si triste de
voir parmi toute notre jeunesse des réservistes

de quarante-quatre ans, ils parlent de
leurs petits, et malgré le sentiment du devoir
que I'on a, il vous vient je ne sais quel amer
dégoût envers la société.
On entend beaucoup d'histoires, je ne sais
que croire.....
J‘espère du moins que nous ne nous
sommes pas engagés à la légère et que le
sacrifice de tant de vies humaines servira à
notre cher pays.
Puissions-nous après ces temps troublés
voir naître une époque féconde en progrès
moraux.
Travaille-t-on dans notre maison, j‘aurais


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  • January 24, 2017 20:43:16 David Gadiou (FR)

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    - 10 -

    Sans date.

    Mes chers parents,

    La vie se continue ici, monotone et triste :
    l'aspect désolé des foyers abandonnés fait
    sentir, plus que jamais, les tristes moments
    que nous passons.
    Il y a comme un nuage qui pèse sur le
    cœur de chacun; les visages ont trouvé une
    sérénité quasi religieuse.
    Les rires n’ont pas cessé, mais pour certains

    ils ont l’air de finir en un sanglot.
    Je ne sais rien de neuf.
    Mon cœur passe mut le temps chez vous
    et c'est mon seul tourment. Maintenant,
    maman sera à l‘abri, et je souhaite que papa
    fasse de même.
    Je vous embrasse comme je vous aime.

    Votre Rol.

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    Mon cher papa,

    Je reçois Des bonnes lettres, j’en suis très
    heureux, c'est pour moi quelques instants
    passés dans la famille et, si courts soient-ils,
    cela met du baume nu cœur.
    Je crois qu’il serait préférable que tu
    quittes Épinal : les duretés d’un siège... et
    puis maman et Ninette seraient moins isolées.
    Le pauvre Fernand devait être bien désolé
    de laisser Thérèse seule. C‘est si triste de
    voir parmi toute notre jeunesse des réservistes

    de quarante-quatre ans, ils parlent de
    leurs petits, et malgré le sentiment du devoir
    que I'on a, il vous vient je ne sais quel amer
    dégoût envers la société.
    On entend beaucoup d'histoires, je ne sais
    que croire.....
    J‘espère du moins que nous ne nous
    sommes pas engagés à la légère et que le
    sacrifice de tant de vies humaines servira à
    notre cher pays.
    Puissions-nous après ces temps troublés
    voir naître une époque féconde en progrès
    moraux.
    Travaille-t-on dans notre maison, j‘aurais


  • January 24, 2017 20:42:30 David Gadiou (FR)

    - 10 -

    Sans date.

    Mes chers parents,

    La vie se continue ici, monotone et triste :
    l'aspect désolé des foyers abandonnés fait
    sentir, plus que jamais, les tristes moments
    que nous passons.
    Il y a comme un nuage qui pèse sur le
    cœur de chacun; les visages ont trouvé une
    sérénité quasi religieuse.
    Les rires n’ont pas cessé, mais pour certains

    ils ont l’air de finir en un sanglot.
    Je ne sais rien de neuf.
    Mon cœur passe mut le temps chez vous
    et c'est mon seul tourment. Maintenant,
    maman sera à l‘abri, et je souhaite que papa
    fasse de même.
    Je vous embrasse comme je vous aime.

    Votre Rol.

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    Mon cher papa,

    Je reçois Des bonnes lettres, j’en suis très
    heureux, c'est pour moi quelques instants
    passés dans la famille et, si courts soient-ils,
    cela met du baume nu cœur.
    Je crois qu’il serait préférable que tu
    quittes Épinal : les duretés d’un siège... et
    puis maman et Ninette seraient moins isolées.
    Le pauvre Fernand devait être bien désolé
    de laisser Thérèse seule. C‘est si triste de
    voir parmi toute notre jeunesse des réservistes

    de quarante-quatre ans, ils parlent de
    leurs petits, et malgré le sentiment du devoir
    que I'on a, il vous vient je ne sais quel amer
    dégoût envers la société.
    On entend beaucoup d'histoires, je ne sais
    que croire.....
    J‘espère du moins que nous ne nous
    sommes pas engagés à la légère et que le
    sacrifice de tant de vies humaines servira à
    notre cher pays.
    Puissions-nous après ces temps troublés
    voir naître une époque féconde en progrès
    moraux.
    Travaille-t-on dans notre maison, j‘aurais


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    ID
    8982 / 242750
    Source
    http://europeana1914-1918.eu/...
    Contributor
    Famille Lutz
    License
    http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/


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