Pierre Lataste, lettre à son père
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On ne se croirait réellement pas en temps deguerre et dire pourtant que dans quelques jours
dans quelques heures peut-être nous allons essuyer
le feu de l'ennemi, nous allons nous battre,
nous allons marcher à la Victoire que Dieu,
j'en suis sûr, nous donnera.
Sur ce, cher père, je t'embrasse bientendrement ainsi que Maman, Valentine, Grand'
Mère, Jeannot etc..Priez bien pour moi 1000 baisers
N°14 - 24 Août
La Grande Guerre !
1914 !
Cher père !
J'ai reçu de tes bonnes dans la petiteville où nous sommes passés hier. Tu ne
saurais croire combien m'a fait plaisir tout ce
que tu me dis en particulier la prière que tu
fais pour moi chaque soir comme tout bon chef
de famille doit le faire. Je suis avec vous tous
par la pensée au milieu de toutes les petites
misères qui nous assaillent. Jusqu'à présent
pourtant nous n'avons pas été encore bien
malheureux. Nous n'avons manqué de rien,
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ni pain, ni viande, ni pommes de terre. Le problèmedu ravitaillement de l'armée se fait réellement mieux
que je ne l'aurais cru. D'ailleurs jusqu'à présent, les
soldats ont eu de l'argent et ils ont pu se procurer
bien des douceurs.
Je me porte assez bien et j'espère qu'àCadillac tout le monde est de même. Si je
n'avais pas sur le dos le poids du sac et si l'on ne
causait à tout instant de la guerre, je ne m'y
croirait pas. Nous traversons des régions très
pittoresques, des petites agglomérations de maisons
situées en général sur les hauteurs et qui sont
dominées d'un clocher aux formes bizarres. Je te di
s que par moment je me crois en véritable tournée
d'excursion mais je suis vite ramené à la réalité
par les nécessités du moment.
Adieu Cher père, merci de prier le Seigneur pourmoi. Ton grand fils qui t'aime. Bons baisers à tous
Signé : Le Soldat fier de défendre sa PatrieN°15
Bientôt la Belgique !
Chère Maman,
Nouvelles toujours excellentes. Je n'ai pas encore
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On ne se croirait réellement pas en temps de guerre et dire pourtant que dans quelques jours dans quelques heures peut-être nous allons essuyer le feu de l'ennemi, nous allons nous battre, nous allons marcher à la Victoire que Dieu, j'en suis sûr, nous donnera.
Sur ce, cher père, je t'embrasse bien tendrement ainsi que Maman, Valentine, Grand'Mère, Jeannot etc..Priez bien pour moi 1000 baisers
N°14 - 24 Août
La Grande Guerre !
1914 !
Cher père !
J'ai reçu de tes bonnes dans la petite ville où nous sommes passés hier. Tu ne saurais croire combien m'a fait plaisir tout ce que tu me dis en particulier la prière que tu fais pour moi chaque soir comme tout bon chef de famille doit le faire. Je suis avec vous tous par la pensée au milieu de toutes les petites misères qui nous assaillent. Jusqu'à présent pourtant nous n'avons pas été encore bien malheureux. Nous n'avons manqué de rien,
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ni pain, ni viande, ni pommes de terre. Le problème du ravitaillement de l'armée se fait réellement mieux que je ne l'aurais cru. D'ailleurs jusqu'à présent, les soldats ont eu de l'argent et ils ont pu se procurer bien des douceurs.
Je me porte assez bien et j'espère qu'à Cadillac tout le monde est de même. Si je n'avais pas sur le dos le poids du sac et si l'on ne causait à tout instant de la guerre, je ne m'y croirait pas. Nous traversons des régions très pittoresques, des petites agglomérations de maisons situées en général sur les hauteurs et qui sont dominées d'un clocher aux formes bizarres. Je te dis que par moment je me crois en véritable tournée d'excursion mais je suis vite ramené à la réalité par les nécessités du moment.
Adieu Cher père, merci de prier le Seigneur pou moi. Ton grand fils qui t'aime. Bons baisers à tous
Signé : Le Soldat fier de défendre sa PatrieN°15
Bientôt la Belgique !
Chère Maman,
Nouvelles toujours excellentes. Je n'ai pas encore
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On ne se croirait réellement pas en temps de guerre et dire pourtant que dans quelques jours dans quelques heures peut-être nous allons essuyer le feu de l'ennemi, nous allons nous battre, nous allons marcher à la Victoire que Dieu, j'en suis sûr, nous donnera.
Sur ce, cher père, je t'embrasse bien tendrement ainsi que Maman, Valentine, Grand'Mère, Jeannot etc..Priez bien pour moi 1000 baisers
N°14 - 24 Août
La Grande Guerre !
1914 !
Cher père !
J'ai reçu de tes bonnes dans la petite ville où nous sommes passés hier. Tu ne saurais croire combien m'a fait plaisir tout ce que tu me dis en particulier la prière que tu fais pour moi chaque soir comme tout bon chef de famille doit le faire. Je suis avec vous tous par la pensée au milieu de toutes les petites misères qui nous assaillent. Jusqu'à présent pourant nous n'avons pas été encore bien malheureux. Nous n'avons manqué de rien,
[page droite]
ni pain, ni viande, ni pommes de terre. Le problème du ravitaillement de l'armée se fait réellement mieux que je ne l'aurais cru. D'ailleurs jusqu'à présent, les soldats ont eu de l'argent et ils ont pu se procurer bien des douceurs.
Je me porte assez bien et j'espère qu'à Cadillac tout le monde est de même. Si je n'avais pas sur le dos le poids du sac et si l'on ne causait à tout instant de la guerre, je ne m'y croirait pas. Nous traversons des régions très pittoresques, des petites agglomérations de maisons situées en général sur les hauteurs et qui sont dominées d'un clocher aux formes bizarres. Je te dis que par moment je me crois en véritable tournée d'excursion mais je suis vite ramené à la réalité par les nécessités du moment.
Adieu Cher père, merci de prier le Seigneur pou moi. Ton grand fils qui t'aime. Bons baisers à tous
Signé : Le Soldat fier de défendre sa PatrieN°15
Bientôt la Belgique !
Chère Maman,
Nouvelles toujours excellentes. Je n'ai pas encore
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- Madame Jean-Marie Lataste
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