1 courrier (lettre K) – 12 mai 1917 – craintes de la maman
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Page de gauche
pas la femme de ton fils, autrement dit "ta fille".
Ton autre objection c'est que tu crains de me
voir me fixer hors de France ; or je veux au
contraire ne me fixer nulle part ; je ne veux pas
d'un mariage qui me diminuerait au point de
vue militaire et je me considérerais comme
diminué si je n'étais pas, si nous n'étions pas,
ma femme et moi, prêts à accepter toutes les
mutations qu'on pourra prononcer à mon sujet.
De là à dire que je ferai toute ma carrière aux
colonies il y a loin. Je n'y renoncerai pas
systématiquement du seul fait de mon mariage
mais je n'y ferai certainement pas toute ma
carrière. Et puis d'ici la fin de la guerre (car
il est inutile d'en attendre la fin pour célébrer
le mariage) ma femme aurait le temps de devenir
tout-à-fait votre fille.
Enfin je tiens à t'affirmer qu'il ne s'agit
nullement d'un projet Patriarche dans lequel
je me laisse embobiner mais bien d'un projet
Page de droite
Gaston Faraud auquel Patriarche souscrit
de très bonne grâce.
Thérèse Retournard, dont tu me parles
maintenant comme d'une fiancée possible
ne paraissait pas t'emballer il y a quelque
temps. J'aime beaucoup sa famille qui
probablement me recevrait très bien mais
que veux-tu ? Ce n'est pas mon genre.
Madame de Brun est bien gentille de
s'occuper de moi, mais elle arrive trop tard ;
et d'ailleurs vous ne connaissez pas plus la
fiancée qu'elle me destine que Mademoiselle
Patriarche. Je n'en réserve pas moins à
Madame de Brun une photo de moi (que j'attends
ces jours-ci) et toute ma reconnaissance.
J'ai reçu aujourd'hui les 200 x que
tu m'as envoyés et je te remercie de me
les avoir expédiés aussi vite. J'ai tous mes effets
en lambeaux et toutes les barbettes que
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Page de gauche
pas la femme de ton fils, autrement dit "ta fille".
Ton autre objection c'est que tu crains de me
voir me fixer hors de France ; or je veux au
contraire ne me fixer nulle part ; je ne veux pas
d'un mariage qui me diminuerait au point de
vue militaire et je me considérerais comme
diminué si je n'étais pas, si nous n'étions pas,
ma femme et moi, prêts à accepter toutes les
mutations qu'on pourra prononcer à mon sujet.
De là à dire que je ferai toute ma carrière aux
colonies il y a loin. Je n'y renoncerai pas
systématiquement du seul fait de mon mariage
mais je n'y ferai certainement pas toute ma
carrière. Et puis d'ici la fin de la guerre (car
il est inutile d'en attendre la fin pour célébrer
le mariage) ma femme aurait le temps de devenir
tout-à-fait votre fille.
Enfin je tiens à t'affirmer qu'il ne s'agit
nullement d'un projet Patriarche dans lequel
je me laisse embobiner mais bien d'un projet
Page de droite
Gaston Faraud auquel Patriarche souscrit
de très bonne grâce.
Thérèse Retournard, dont tu me parles
maintenant comme d'une fiancée possible
ne paraissait pas t'emballer il y a quelque
temps. J'aime beaucoup sa famille qui
probablement me recevrait très bien mais
que veux-tu ? ce n'est pas mon genre.
Madame de Brun est bien gentille de
s'occuper de moi, mais elle arrive trop tard ;
et d'ailleurs vous ne connaissez pas plus la
fiancée qu'elle me destine que Mademoiselle
Patriarche. Je n'en réserve pas moins à
Madame de Brun une photo de moi (que j'attends
ces jours-ci) et toute ma reconnaissance.
J'ai reçu aujourd'hui les 200 x que
tu m'as envoyés et je te remercie de me
les avoir expédiés aussi vite. J'ai tous mes effets
en lambeaux et toutes les barbettes que
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pas la femme de ton fils, autrement dit "ta fille".
Ton autre objection c'est que tu crains de me
voir me fixer hors de France ; or je veux au
contraire ne me fixer nulle part ; je ne veux pas
d'un mariage qui me diminuerait au point de
vue militaire et je me considérerais comme
diminué si je n'étais pas, si nous n'étions pas,
ma femme et moi, prêts à accepter toutes les
mutations qu'on pourra prononcer à mon sujet.
De là à dire que je ferai toute ma carrière aux
colonies il y a loin. Je n'y renoncerai pas
systématiquement du seul fait de mon mariage
mais je n'y ferai certainement pas toute ma
carrière. Et puis d'ici la fin de la guerre (car
il est inutile d'en attendre la fin pour célébrer
le mariage) ma femme aurait le temps de devenir
tout-à-fait votre fille.
Enfin je tiens à t'affirmer qu'il ne s'agit
nullement d'un projet Patriarche dans lequel
je me laisse embobiner mais bien d'un projet
Page de droite
Gaston Faraud auquel Patriarche souscrit
de très bonne grâce.
Thérèse Retournard, dont tu me parles
maintenant comme d'une fiancée possible
ne paraissait pas t'emballer il y a quelque
temps. J'aime beaucoup sa famille qui
probablement me recevrait très bien mais
que veux-tu ? ce n'est pas mon genre.
Madame de Brun est bien gentille de
s'occuper de moi, mais elle arrive trop tard ;
et d'ailleurs vous ne connaissez pas plus la
fiancée qu'elle me destine que Mademoiselle
Patriarche. Je n'en réserve pas moins à
Madame de Brun une photo de moi (que j'attends
ces jours-ci) et toute ma reconnaissance.
J'ai reçu aujourd'hui les 200 x que
tu m'as envoyés et je te remercie de me
les avoir expédiés aussi vite. J'ai tous mes effets
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- 10410 / 101498
- Contributor
- Michel Jacquemin
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