FRBMTO-014 Georges PIGANIOL, officier d'administration général de santé, item 59
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Somme Tourbe le 27 nov. 1915
Je crois que cette fois nous y sommes plus pour longtemps.
Il y a d'ailleurs du nouveau tous ces jours-ci
D'abord des projets de loi à vous faire passere le frisson
dans le dos, d'après lesquel, tous les officiers
s'adm.on de moins de 40 ans seraient reversés dans
l'infanterie pour encadrer au printemps les troupes
noires - Voilà une belle perspective. Pourvu que ça
ne passe pas. Je ne me vois pas du tout sortir des
tranchées, à l'assaut, à la tête d'une bande de
nègres.
Et alors aujourdhui, nous avons reçu l'ordre
de nous tenire prêts à partir; on endivisionne
l'ambulance à la 32°
, et on nous a dit denous tenir prêt à embarquer- Pour où? mystère.
On parle de la Serbie ... que sais je encore? Moi
qui espèrais revenir à Troyes dans quelques jour,
voir Thérèse et Suzanne, me voilà joli. Enfin ne nous
pleignons pas trop. Il vaut mieux aller n'importe
où comme ambulance que conduire sous le feu des
mitrailleuse une bande hurlant de Sénégalais.
On s'est bien amusé ces jours derniers à
l'ambulance. Marceron faisait tous les frais
Page droite
de notre amusement. Il nous a raconté des histoires
fantastiques, comme celle de son incorporation
qui racontée par lui, prend des proportions homé-
rique de folle aventure. Il a un vrai talent de
comique, ce type là et ses histoires, alternant
avec les chansons de Sterlin composaient des
programmes uniques. Il a d'ailleurs chanté
lui-même tout ce qu'on a voulu, et joué même
aver Sterlin - et comment ! une scène de
Carmen. Roulier que j'avais invité ce soir là
en était malade.
Avanthier je suis allé sous le soleil -
faire une promenade à pied avec Chabbert, à
Lassalle Saint Jean, Laval et Wargemoulin. Il
n'y tombait pas de marmites, heureusement, et on
entendait que le sifflement de nos obus.
Maintenant, Boissinot et Marceron
sont en permission, et on s'ennuie ici. Et bientot
on n'y sera plus. Je regrette pourtant de m'en aller.
J'étais presque installé, avec un bon poële, mes
copains de la 2/82 à 2 pas, l'espoir d'aller
bientot à Troyes - où serons nous dans 8 jours ?
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Somme Tourbe le 27 nov. 1915
Je crois que cette fois nous y sommes plus pour longtemps.
Il y a d'ailleurs du nouveau tous ces jours-ci
D'abord des projets de loi à vous faire passere le frisson
dans le dos, d'après lesquel, tous les officiers
s'adm.on de moins de 40 ans seraient reversés dans
l'infanterie pour encadrer au printemps les troupes
noires - Voilà une belle perspective. Pourvu que ça
ne passe pas. Je ne me vois pas du tout sortir des
tranchées, à l'assaut, à la tête d'une bande de
nègres.
Et alors aujourdhui, nous avons reçu l'ordre
de nous tenire prêts à partir; on endivisionne
l'ambulance à la 32°
, et on nous a dit denous tenire prêt à embarquer- Pour où? mystère.
On parle de la Serbie ... que sais je encore? Moi
qui espèrais revenir à Troyes dans quelques jour,
voir Thérèse et Suzanne, me voilà joli. Enfin ne nous
pleignons pas trop. Il vaut mieux aller n'importe
où comme ambulance que conduire sous le feu des
mitrailleuse une bande hurlant de Sénégalais.
On s'est bien amusé ces jours derniers à
l'ambulance. Marceron faisait tous les frais
Page droite
de notre amusement. Il nous a raconté des histoires
fantastiques, comme celle de son incorporation
qui racontée par lui, prend des proportions homé-
rique de folle aventure. Il a un vrai talent de
comique, ce type là et ses histoires, alternant
avec les chansons de Sterlin composaient des
programmes uniques. Il a d'ailleurs chanté
lui-même tout ce qu'on a voulu, et joué même
aver Sterlin - et comment ! une scène de
Carmen. Roulier que j'avais invité ce soir là
en était malade.
Avanthier je suis allé sous le soleil -
faire une promenade à pied avec Chabbert, à
Lassalle Saint Jean, Laval et Wargemoulin. Il
n'y tombait pas de marmites, heureusement, et on
entendait que le sifflement de nos obus.
Maintenant, Boissinot et Marceron
sont en permission, et on s'ennuie ici. Et bientot
on n'y sera plus. Je regrette pourtant de m'en aller.
J'étais presque installé, avec un bon poële, mes
copains de la 2/82 à 2 pas, l'espoir d'aller
bientot à Troyes - où serons nous dans 8 jours ?
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Somme Tourbe le 27 nov. 1915
Je crois que cette fois nous y sommes plus pour longtemps.
Il y a d'ailleurs du nouveau tous ces jours-ci
D'abord des projets de loi à vous faire passere le frisson
dans le dos, d'après lesquel, tous les officiers
s'adm.on de moins de 40 ans seraient reversés dans
l'infanterie pour encadrer au printemps les troupes
noires - Voilà une belle perspective. Pourvu que ça
ne passe pas. Je ne me vois pas du tout sortir des
tranchées, à l'assaut, à la tête d'une bande de
nègres.
Et alors aujourdhui, nous avons reçu l'ordre
de nous tenire prêts à partir; on endivisionne
l'ambulance à la 32°
, et on nous a dit denous tenire prêt à embarquer- Pour où? mystère.
On parle de la Serbie ... que sais je encore? Moi
qui espèrais revenir à Troyes dans quelques jour,
voir Thérèse et Suzanne, me voilà joli. Enfin ne nous
pleignons pas trop. Il vaut mieux aller n'importe
où comme ambulance que conduire sous le feu des
mitrailleuse une bande hurlant de Sénégalais.
On s'est bien amusé ces jours derniers à
l'ambulance. Marceron faisait tous les frais
Page droite
de notre amusement. Il nous a raconté des histoires
fantastiques, comme celle de son incorporation
qui racontée par lui, prend des proportions homé-
rique de folle aventure. Il a un vrai talent de
comique, ce type là et ses histoires, alternant
avec les chansons de Sterlin composaient des
programmes uniques. Il a d'ailleurs chanté
lui-même tout ce qu'on a voulu, et joué même
aver Sterlin - et comment ! une scène de
Carmen. Roulier que j'avais invité ce soir là
en était malade.
Avanthier je suis allé sous le soleil -
faire une promenade à pied avec Chabbert, à
Lassalle Saint Jean, Laval et Wargemoulin. Il
n'y tombait pas de marmites, heureusement, et on
entendait que le sifflement de nos obus.
Maintenant, Boissinot et Marceron
sont en permission, et on s'ennuie ici. Et bientot
on n'y sera plus. Je regrette pourtant de m'en aller.
J'étais presque installé, avec in bon poele mes
copains de la 2/82 à 2 pas, l'espoir d'aller
bientot à Troyes - où serons nous dans 8 jours ?
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Somme Tourbe le 27 nov. 1915
Je crois que cette fois nous y sommes plus pour longtemps.
Il y a d'ailleurs du nouveau tous ces jours-ci
D'abord des projets de loi à vous faire passere le frisson
dans le dos, d'après lesquel, tous les officiers
s'adm.on de moins de 40 ans seraient reversés dans
l'infanterie pour encadrer au printemps les troupes
noires - Voilà une belle perspective. Pourvu que ça
ne passe pas. Je ne me vois pas du tout sortir des
tranchées, à l'assaut, à la tête d'une bande de
nègres.
Et alors aujourdhui, nous avons reçu l'ordre
de nous tenire prêts à partir; on endivisionne
l'ambulance à la 32°
, et on nous a dit denous tenire prêt à embarquer- Pour où? mystère.
On parle de la Serbie ... que sais je encore? Moi
qui espèrais revenir à Troyes dans quelques jour,
voir Thérèse et Suzanne, me voilà joli. Enfin ne nous
pleignons pas trop. Il vaut mieux aller n'importe
où comme ambulance que conduire sous le feu des
mitrailleuse une bande hurlant de Sénégalais.
On s'est bien amusé ces jours derniers à
l'ambulance. Marceron faisait tous les frais
Page droite
de notre amusement. Il nous a raconté des histoires
fantastiques, comme celle de son incorporation
qui racontée par lui, prend des proportions homé-
rique de folle aventure. Il a un vrai talent de
comique, ce type là et ses histoires, alternant
avec les chansons de Sterlin composaient des
programmes uniques. Il a d'ailleurs chanté
lui-même tout ce qu'on a voulu, et joué même
aver Sterlin - et comment ! une scène de
Carmen. Roulier que j'avais invité ce soir là
en était malade.
Avanthier je suis allé sous le soleil -
faire une promenade à pied avec Chabbert, à
Lassalle Saint Jean, Laval et Wargemoulin
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Somme Tourbe le 27 nov. 1915
Je crois que cette fois nous y sommes plus pour longtemps.
Il y a d'ailleurs du nouveau tous ces jours-ci
D'abord des projets de loi à vous faire passere le frisson
dans le dos, d'après lesquel, tous les officiers
s'adm.on de moins de 40 ans seraient reversés dans
l'infanterie pour encadrer au printemps les troupes
noires - Voilà ine belle perspective. Pourvu que ça
ne passe pas. Je ne me vois pas du tout sortir des
tranchées, à l'assaut, à la tete d'une bande de
nègres.
Et alors aujourdhui, nous avons reçu l'ordre
de nous tenire prets à partir; on endivisionne
l'ambulance à la 32°
, et on nous a dit denous tenire prest à embarquer- Pour où? mystère.
On parke de la Serbie ... que sais je encore? Moi
qui espèrais revenir à Troyes dans quelques jour,
voir Thérèse et Suzanne, me voilà joli. Enfin ne nous
pleignons pas trop. Il vaut mieux aller n'importe
où comme ambulance que consuire sous le feu des
mitrailleuse une bande hurlant de Sénégalais.
On s'est bien amusé ces jours derniers à
l'ambulance. Marceron faisait tous les frais
Page droite
de notre amusement. Il nous a raconté des histoires
fantastiques, comme celle de son incorporation
Description
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Doullens
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- 8341 / 249616
- Contributor
- Gérard dit Richard BOHAN
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