FRAD066_110bis_Michel Ney, soldat poète et amoureux éconduit, item 4
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Alors je déchiffrai sur de mâles figures
Les transports qu'inspiraient ces milliers d'écritures.
Et qu'un tendre sourire illuminât des yeux
Ou qu'un front se barrât de longs traits soucieux,
J'en vins à jalouser leur joie et leur détresse;
L'une et l'autre n'étant, après tout, qu'une ivresse,
… Mon amie, est-ce vrai ? L'amour peut-il mourir ?
Mais le nôtre, voyons, avait pour se nourrir
Quelque chose de plus que n'importe quel autre :
Vous étiez la vestale et, moi, j'étais l'apôtre
D'un culte dont le dieu doit nous rendre meilleurs.
A ces communions que nous fîmes ailleurs,
Dans l'esprit, dans la chair, dans le rire ou les larmes
Se joint celle que l'art nous permit dans ses charmes.
Malheureuse, as-tu su profaner tout cela
Sans trembler, sans rougir en ces minutes-là ?
… Eh oui ! Cette hantise affreuse du parjure,
Que veux-tu, réussit à m'arracher l'injure !
Je souffre … Oh ! mais je souffre … Et je ne puis pleurer !
Et l'excès de mon mal me pousse à désirer
Retrouver les sanglots si bruyants de l'enfance
Aux soirs où mon caprice essuyait une offense.
…. Le présage eût toujours un parler souverain
Pour ces deux grands naïfs : l'amant et le marin.
J'étais au banc de quart assis la nuit dernière,
Les étoiles jetaient leur discrète lumière
Sur l'onde … Et mon regard, fouillant le firmament
En quête de la nôtre a peiné vainement.
Elle qui devenait la sûre confidente
De nos épanchements, au seuil de l'heure ardente.
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Nantes
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- 11318 / 115390
- Contributor
- Monique et Gilles Baratoux
Aug, 1918
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- Français
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- Remembrance
- Women








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