FRAD066_110bis_Michel Ney, soldat poète et amoureux éconduit, item 4

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4

Alors je déchiffrai sur de mâles figures

Les transports qu'inspiraient ces milliers d'écritures.

Et qu'un tendre sourire illuminât des yeux

Ou qu'un front se barrât de longs traits soucieux,

J'en vins à jalouser leur joie et leur détresse;

L'une et l'autre n'étant, après tout, qu'une ivresse,

… Mon amie, est-ce vrai ? L'amour peut-il mourir ?

Mais le nôtre, voyons, avait pour se nourrir

Quelque chose de plus que n'importe quel autre :

Vous étiez la vestale et, moi, j'étais l'apôtre

D'un culte dont le dieu doit nous rendre meilleurs.

A ces communions que nous fîmes ailleurs,

Dans l'esprit, dans la chair, dans le rire ou les larmes

Se joint celle que l'art nous permit dans ses charmes.

Malheureuse, as-tu su profaner tout cela

Sans trembler, sans rougir en ces minutes-là ?

… Eh oui ! Cette hantise affreuse du parjure,

Que veux-tu, réussit à m'arracher l'injure !

Je souffre … Oh ! mais je souffre … Et je ne puis pleurer !

Et l'excès de mon mal me pousse à désirer

Retrouver les sanglots si bruyants de l'enfance

Aux soirs où mon caprice essuyait une offense.

…. Le présage eût toujours un parler souverain

Pour ces deux grands naïfs : l'amant et le marin.

J'étais au banc de quart assis la nuit dernière,

Les étoiles jetaient leur discrète lumière

Sur l'onde … Et mon regard, fouillant le firmament

En quête de la nôtre a peiné vainement.

Elle qui devenait la sûre confidente

De nos épanchements, au seuil de l'heure ardente.

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Alors je déchiffrai sur de mâles figures

Les transports qu'inspiraient ces milliers d'écritures.

Et qu'un tendre sourire illuminât des yeux

Ou qu'un front se barrât de longs traits soucieux,

J'en vins à jalouser leur joie et leur détresse;

L'une et l'autre n'étant, après tout, qu'une ivresse,

… Mon amie, est-ce vrai ? L'amour peut-il mourir ?

Mais le nôtre, voyons, avait pour se nourrir

Quelque chose de plus que n'importe quel autre :

Vous étiez la vestale et, moi, j'étais l'apôtre

D'un culte dont le dieu doit nous rendre meilleurs.

A ces communions que nous fîmes ailleurs,

Dans l'esprit, dans la chair, dans le rire ou les larmes

Se joint celle que l'art nous permit dans ses charmes.

Malheureuse, as-tu su profaner tout cela

Sans trembler, sans rougir en ces minutes-là ?

… Eh oui ! Cette hantise affreuse du parjure,

Que veux-tu, réussit à m'arracher l'injure !

Je souffre … Oh ! mais je souffre … Et je ne puis pleurer !

Et l'excès de mon mal me pousse à désirer

Retrouver les sanglots si bruyants de l'enfance

Aux soirs où mon caprice essuyait une offense.

…. Le présage eût toujours un parler souverain

Pour ces deux grands naïfs : l'amant et le marin.

J'étais au banc de quart assis la nuit dernière,

Les étoiles jetaient leur discrète lumière

Sur l'onde … Et mon regard, fouillant le firmament

En quête de la nôtre a peiné vainement.

Elle qui devenait la sûre confidente

De nos épanchements, au seuil de l'heure ardente.


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  • July 4, 2017 18:15:47 François Aubrée

    4

    Alors je déchiffrai sur de mâles figures

    Les transports qu'inspiraient ces milliers d'écritures.

    Et qu'un tendre sourire illuminât des yeux

    Ou qu'un front se barrât de longs traits soucieux,

    J'en vins à jalouser leur joie et leur détresse;

    L'une et l'autre n'étant, après tout, qu'une ivresse,

    … Mon amie, est-ce vrai ? L'amour peut-il mourir ?

    Mais le nôtre, voyons, avait pour se nourrir

    Quelque chose de plus que n'importe quel autre :

    Vous étiez la vestale et, moi, j'étais l'apôtre

    D'un culte dont le dieu doit nous rendre meilleurs.

    A ces communions que nous fîmes ailleurs,

    Dans l'esprit, dans la chair, dans le rire ou les larmes

    Se joint celle que l'art nous permit dans ses charmes.

    Malheureuse, as-tu su profaner tout cela

    Sans trembler, sans rougir en ces minutes-là ?

    … Eh oui ! Cette hantise affreuse du parjure,

    Que veux-tu, réussit à m'arracher l'injure !

    Je souffre … Oh ! mais je souffre … Et je ne puis pleurer !

    Et l'excès de mon mal me pousse à désirer

    Retrouver les sanglots si bruyants de l'enfance

    Aux soirs où mon caprice essuyait une offense.

    …. Le présage eût toujours un parler souverain

    Pour ces deux grands naïfs : l'amant et le marin.

    J'étais au banc de quart assis la nuit dernière,

    Les étoiles jetaient leur discrète lumière

    Sur l'onde … Et mon regard, fouillant le firmament

    En quête de la nôtre a peiné vainement.

    Elle qui devenait la sûre confidente

    De nos épanchements, au seuil de l'heure ardente.

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11318 / 115390
Source
http://europeana1914-1918.eu/...
Contributor
Monique et Gilles Baratoux
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http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/


Aug, 1918
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