Carnet de guerre, item 27
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Titre Le 6 septembre 1914
Cette nuit à été très courte, en effet la
veille au soir nous eu alerte et on est
parti à 10 H et demie. Nous avons mar-
ché toute la nuit, maintenant nous
reprenions la direction du nord c'est-
à-dire de l'avant, vers 10 heures du
matin nous sommes arrivés à St
Ouen, là dans les vastes champs à
droite et à gauche en avant et en
arrière on ne voit que soldats par-
tout, je crois que c'était la concen-
tration du corps d'armée, nous som-
mes restés dans ces champs à côté du
village, pendant une heure environ.
Pendant ce temps on nous lit la
proclamation du Général Joffre où il
nous dit que c'est le sort de la Fran-
ce qui va se jouer dans cette grande
bataille et qu'il faut mourir plutôt
que de céder un pouce de plus de
terrain. Nous repartons et marchons
jusqu'à 10 heures et demie du soir.
Nous avions donc marché un jour en-
tier, nous avons eu de la chance que
ce jour là il ne faisait pas si chaud
comme les jours avant. Nous sommes
maintenant sur l'emplacement que
nouis occupperons pendant la bataille
de la Marne. Nous sommes sur une
crète dans un bois très clairs et les
arbres très petits, à notre droite il
y a une batterie du 57e d'artillerie
où plutôt un groupe c'est-à-dire trois
batteries.
Titre Le 7 septembre 1914 { Bataille de la Marne
Vers minuit , c'est-à-dire une heure
après que nous étions sur cet em-
placement et qu'on était à peu près sûrs
de rester là à cet endroit, je parts avec
Larrigaudière, nous prenons des sceaux et nous
allons à la ferme de la Certine chercher de
l'eau, cette ferme était dans un vallon
à 3 où 4 cents mètres de l'endroit que nous
occupions, arrivés à cette ferme il y avait
deux puits, mais à chacun il y avait
plus de trois cent soldats qui attendaient
leur tour, tellement qu'on avait établi
un service d'ordre pour que chacun
passe à son tour pour pouvoir em-
porter de l'eau, il nous a fallu y res-
ter jusqu'à 3 heures du matin et à notre
retour nous étés les bienvenus, car
on avait tous bien soif. Au jour nous
partons et nous allons occuper un fossé
garni de broussailles, à cent mètres environs
de la ferme, nous restons, là une heure
puis nous revenons au même emplace-
ment que nous occupions avant. Depuis
le matin au jour le canon tonnait et
parfois les obus tombaient un peu par-
tout, les balles siflaient de toute part
il y avait des moment où il fallait
rester bien aplatis contre le sol, et cela
continua ainsi toute la journée avec
rafales plus où moins fortes. Pour les repas
on mangeait des boîtes de conserves et des
biscuits quand on n'avait plus de pain.
On était tellement fatigués que malgré
ce tapage infernal on dormait tout de même.
Description
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Saint-Ouen
Location(s)
Document location Saint-Ouen
- ID
- 9286 / 88462
- Contributor
- DELRIEU
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